Comment la subvention du biogaz peut-elle être maintenue malgré l'effet rebond ?
Les subventions au biogaz peuvent-elles en réalité accroître les émissions ?
Le biogaz est souvent présenté comme une solution évidente pour réduire les émissions de CO₂. Pourtant, derrière cette énergie renouvelable apparemment efficace se cachent des effets indirects largement négligés.
Pour stimuler la production de biogaz, les gouvernements mettent en place des subventions. Dans certains pays où ces incitations sont cumulables, les producteurs peuvent réagir en augmentant leur production, parfois en développant des activités agricoles à forte intensité d'émissions, comme l'élevage.
C'est ce qu'on appelle l'effet rebond : une situation où une politique conçue pour réduire les émissions finit par annuler une partie de ses bénéfices, voire aggraver le résultat global, en modifiant la production ou les comportements.
C'est précisément ce qu'explore Guy Meunier, directeur de recherche à l'INRAE, dans son dernier article, « Subventions et effet rebond en cas de tarification carbone incomplète : une application au biogaz et à l'élevage » co-écrit par Victor Besnier.
Comment évaluer avec précision l'impact réel des subventions au biogaz en présence d'effets rebond et lorsque toutes les émissions ne sont pas correctement tarifées ?
Remerciements
Cette étude a bénéficié du soutien de notre Centre interdisciplinaire Energy4Climate (E4C), de la chaire Énergie et Prospérité, sous l'égide de la Fondation Risk et de la Fondation de l'École polytechnique (financement de la Fondation ENGIE « Résilience des systèmes énergétiques face au changement climatique et aux émissions négatives »).